A Berne, la politique d’innovation est un atout contre le franc fort.

Le groupe parlementaire «start- up», sous l’impulsion de son coprésident Fathi Derder (PLR/VD), a organisé mercredi soir sous la Coupole une première rencontre entre une trentaine d’acteurs de l’innovation et des responsables de l’administration fédérale. «L’idée de ce groupe est de faire remonter aux oreilles de l’administration les besoins des entrepreneurs, explique le conseiller national. Nous sommes en quelque sorte un lobby start-up.» Créé il y a six mois, le groupe parlementaire comprend des représentants de tous les partis et proposera dorénavant un événement par session parlementaire. «C’est le début d’un long dialogue», se réjouit Fathi Derder.

L’administration fédérale, représentée par des membres du Secrétariat à l’économie (Seco), du Secrétariat d’Etat à la formation, recherche et innovation (Sefri) et du Département des finances, pour n’en citer que quelques-uns, a écouté les difficultés auxquelles font face les entrepreneurs suisses. Les deux points faibles de la politique helvétique sont un manque de courage en matière de capital-risque et une exploitation insuffisante du savoir-faire humain.

«La Confédération doit encourager les fonds de pension à investir dans les projets de start-up par la création d’un «Fonds avenir suisse» qui sera discuté au parlement dans les semaines à venir. Nous devons changer notre culture du risque et savoir accepter l’échec, explique Fathi Derder. Les start-up ne sont pas seulement sympas, elles sont essentielles pour que notre tissu économique se renouvelle.»

Renforcer la compétitivité

Le vote du 9 février 2014 n’a pas aidé les start-up suisses à attirer les talents étrangers. Or, si le soutien financier est une chose, la compétitivité et la force d’innovation s’expriment aussi par la capacité à faire venir des cerveaux. «Il s’agit par ailleurs d’éviter que, une fois constituées, les sociétés ne partent à l’étranger, dans des pays où on leur offre de meilleures conditions de développement.»

Le conseiller fédéral Johann Schnei­der-Ammann, ministre de l’Economie, a rencontré les participants au terme de la séance. «Pour sortir de la crise du franc fort, le marché suisse doit être plus innovant et plus compétitif, a-t-il affirmé. La Confédération peut soutenir l’innovation de différentes manières: en multipliant les partenariats public-privé, comme cela a été fait pour le campus Biotech à Genève, en continuant à soutenir financièrement les hautes écoles et la recherche et en simplifiant administrativement la création d’une entreprise.»

Par Aïna Skjellaug, Le Temps 19.03.2015

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Fathi Derder

Conseiller national depuis décembre 2011, réélu en 2015, Fathi Derder (45 ans) est membre de la Commission de la science, de l’éducation et de la culture. Il y défend une politique d’innovation active, et des conditions-cadres encourageant la recherche et le transfert technologique. Fathi Derder préside en outre l’association Le Réseau, un groupe de start-up, d’entreprises et de Hautes Ecoles suisses engagées pour l’entrepreneuriat et l’innovation. Journaliste, il fut notamment rédacteur en chef adjoint à la Radio suisse romande, puis rédacteur en chef de La Télé, avant de devenir journaliste indépendant. Il collabore notamment avec le journal Le Temps. En 2015, il publie « Le prochain Google sera suisse (à dix conditions) », aux éditions Slatkine.

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