Les politiciens sont appelés à toujours miser sur l‘innovation, et améliorer sensiblement les conditions-cadres. Pourtant, ils restent les bras croisés face la révolution industrielle en cours, estime Henri B. Meier, ancien directeur financier de Roche.

Chaque jour, nous apprenons de mauvaises nouvelles pour l’économie suisse. Alstom, Credit Suisse, Swisscom, Sanova, Huber + Suhner, SR Technics, Arbonia Forster, Dötsch Grether ou Rieter: la liste des suppressions d’emplois, fermetures d’usines ou autres délocalisations ressemble à un «who’s who» des principales entreprises nationales. En outre, d’innombrables PME de moins de 100 collaborateurs doivent réduire la voilure, ce qui n’intéresse, au passage que des médias locaux. Les organisations patronales prévoient la suppression de 30’000 postes de travail en Suisse à fin 2016. Le président de la Confédération Johann Schneider-Ammann avertit d’un risque de désindustrialisation rampante du pays. Et celle-ci s’est sensiblement accélérée depuis peu.

S’adapter, le défi n’est pas nouveau

La numérisation et l’automatisation transforment notre économie, tout particulièrement les secteurs technologiques et financiers. Les changements structurels et les besoins d’adaptation ne sont pas nouveaux, mais la rapidité de la transformation est inhabituelle. On ne peut pas arrêter la révolution numérique. Et la suppression ou la délocalisation d’emplois ne sont pas dues au taux de change. Le franc fort ne fait qu’accélérer le changement structurel, qui touche toute l’Europe occidentale et révèle un défaut structurel commun: un niveau d’investissement nettement trop faible en comparaison internationale. Les politiciens sont ainsi appelés à toujours miser sur l‘innovation, et améliorer sensiblement des conditions-cadres. Pourtant, ils restent les bras croisés face la révolution en cours.

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Par Henri B. Meier, Le Temps 16.03.2016

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Fathi Derder

Conseiller national depuis décembre 2011, réélu en 2015, Fathi Derder (45 ans) est membre de la Commission de la science, de l’éducation et de la culture. Il y défend une politique d’innovation active, et des conditions-cadres encourageant la recherche et le transfert technologique. Fathi Derder préside en outre l’association Le Réseau, un groupe de start-up, d’entreprises et de Hautes Ecoles suisses engagées pour l’entrepreneuriat et l’innovation. Journaliste, il fut notamment rédacteur en chef adjoint à la Radio suisse romande, puis rédacteur en chef de La Télé, avant de devenir journaliste indépendant. Il collabore notamment avec le journal Le Temps. En 2015, il publie « Le prochain Google sera suisse (à dix conditions) », aux éditions Slatkine.

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