Près de 600 personnes ont participé à la troisième Journée de l’Innovation du Réseau, à l’EPFL. L’occasion de se pencher sur le business model des médias à l’heure du numérique et des data sciences. Avec un constat : l’avenir de la profession est radieux, à condition qu’elle s’ouvre au monde scientifique et à l’innovation. Et que tous les acteurs collaborent. La RTS et l’EPFL montrent l’exemple : un media lab verra le jour.

Mardi 23 août, la RTS et l’EPFL ont officiellement lancé la Swiss Media Initiative. Patrick Aebischer et Gilles Marchand ont présenté un vaste projet de collaboration à l’occasion de la Journée de l’innovation 2016 du Réseau. Les mondes médiatiques et scientifiques collaboreront ainsi sur le site de l’EPFL, avant même le déménagement de la RTS sur le site d’Ecublens, prévu en 2018. Un incubateur « média » verra la jour dans les mois à venir. Editeurs, investisseurs, journalistes, chercheurs et entrepreneurs, sont invités à rejoindre l’incubateur. Objectif : faire de la Suisse romande un pôle d’excellence en matière d’information, de journalisme, et de traitement de l’information et des données. Une « media valley ».
Car le journalisme est promis à un bel avenir. C’est le constat partagé par tous les intervenants de la Journée de l’innovation, qui a réuni 600 personnes au Rolex Learning Center. Un constat qui tranche avec le pessimisme de la profession dans les années 2000. Les médias ont été durement touchés par le numérique. Avec l’industrie musicale, ce fut même le premier secteur bouleversé par la révolution digitale touoursen cours. Les revenus publicitaires se sont effondrés. Mais les éditeurs ont relevé la tête. Ils ont compris aujourd’hui que, si les canaux de distribution ont changé, l’information a de la valeur. Plus que jamais, même. Dans une intervention remarquable, le président de la NZZ , Etienne Jornod, a affirmé que la NZZ était là « pour l’éternité », grâce à son positionnement sur la qualité (lire le compte-rendu du Temps).
C’est le mot clé : la qualité. L’excellence. La garantie de pérennité. Le plus une information est bonne, le plus elle est rare, le plus elle vaut chère. L’avenir des médias passe donc par la qualité, ainsi qu’une meilleure utilisation des données, des algorithmes et de la science. Pour mener des enquêtes, d’une part, et comprendre le monde qui nous entoure. Mais également pour mieux connaître les lecteurs, la clientèle, ses attentes, ses besoins, et lui proposer une information ciblée. Ainsi qu’une publicité ciblée. Offrir ainsi des informations et des services personnalisés.
La Suisse a-t-elle une place dans ce nouveau monde médiatique ? Tous les intervenants en sont convaincus. Que ce soit le patron d’Axel Springer en Suisse, Ralph Büchi, ou Roger de Weck, le directeur général de la SSR, ainsi que la conseillère fédérale Doris Leuthard. Tous, unanimement optimistes. Mais à une condition : que tous les acteurs collaborent. Médias publics et privés, radio et presse écrite, avec le monde scientifique. Une prise de conscience qui s’est imposée mardi 23 août. La Journée de l’innovation du Réseau marque le début d’une nouvelle ère pour la place médiatique suisse. Et l’émergence d’une « media valley » romande.

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Fathi Derder

Conseiller national depuis décembre 2011, réélu en 2015, Fathi Derder (45 ans) est membre de la Commission de la science, de l’éducation et de la culture. Il y défend une politique d’innovation active, et des conditions-cadres encourageant la recherche et le transfert technologique. Fathi Derder préside en outre l’association Le Réseau, un groupe de start-up, d’entreprises et de Hautes Ecoles suisses engagées pour l’entrepreneuriat et l’innovation. Journaliste, il fut notamment rédacteur en chef adjoint à la Radio suisse romande, puis rédacteur en chef de La Télé, avant de devenir journaliste indépendant. Il collabore notamment avec le journal Le Temps. En 2015, il publie « Le prochain Google sera suisse (à dix conditions) », aux éditions Slatkine.

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