Le Conseil fédéral devrait formuler des propositions au premier semestre concernant le Fonds suisse pour l’avenir, qui devra encourager les caisses de pension à soutenir les start-up. Pour «Le Temps», quatre personnalités précisent les enjeux.

Parmi les quelque 2000 caisses de pension que compte la Suisse, rares sont celles qui investissent dans le capital-risque. Les jeunes entreprises technologiques reçoivent moins de 0,02% de tous leurs avoirs (800 milliards de francs) et doivent dès lors trouver du financement à l’étranger pour assurer leur croissance, avec le risque qu’elles délocalisent.

Rudi Pauwels, fondateur de l’entreprise Biocartis, était par exemple venu à l’EPFL en 2009, deux ans après la création de sa société pour finaliser son projet. Mais le soutien offert par le gouvernement belge avait convaincu l’entrepreneur de quitter la Suisse. Depuis, l’entreprise cotée à la Bourse de Bruxelles, emploie 200 personnes.

D’autres start-up ont trouvé des fonds aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, en Belgique ou aux Etats-Unis, des pays où les caisses de pension sont plus actives et où le gouvernement effectue des prêts privilégiés aux sociétés innovantes. A titre d’exemple, on peut citer les caisses de pension américaines dont les investissements sous forme de capital-risque atteignent en moyenne 5% de leur allocation annuelle. En revanche, en Suisse en 2014, les start-up ont récolté 457 millions de francs, selon l’Association européenne de capital-risque. Or, seuls 70 millions provenaient de sociétés de capital-risque basées en Suisse.

Un Fonds suisse pour l’avenir

Pour que les caisses de pension helvétiques s’engagent davantage vers des investissements créateurs de valeur, Henri Meier, l’ancien directeur financier de Roche, a lancé l’idée d’un Fonds suisse pour l’avenir, spécialisé dans le capital-risque. Son but consiste à encourager les caisses de pension à y investir au moins 1% de leurs entrées de fonds annuelles. Un gestionnaire de fonds, mandaté par les caisses de pension, procéderait à la sélection des sociétés de capital-risque dans lesquelles investir. Au niveau politique, la motion du Conseiller national Konrad Graber qui invite le Conseil fédéral à lancer ce Fonds suisse pour l’avenir, a été adoptée il y a plus d’une année.

Quel est l’état d’avancement du projet? «Le dossier s’enlise. Nous attendons les propositions du Conseil fédéral qui devrait formuler des propositions au premier semestre de cette année», note le Conseiller national Fathi Derder, actif au sein du Réseau, un groupe d’influence politique pour l’innovation. «Alain Berset a précisé qu’un groupe de travail discutait avec les représentants des institutions de prévoyance pour savoir si et comment un fonds privé orienté vers le futur pourrait se mettre en place. Je n’aime pas ce «si». Rappeler que la motion a été adoptée par tout le monde», dit Fathi Derder.

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Par Ghislaine Bloch, Le Temps 16.03.2016

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Fathi Derder

Conseiller national depuis décembre 2011, réélu en 2015, Fathi Derder (45 ans) est membre de la Commission de la science, de l’éducation et de la culture. Il y défend une politique d’innovation active, et des conditions-cadres encourageant la recherche et le transfert technologique. Fathi Derder préside en outre l’association Le Réseau, un groupe de start-up, d’entreprises et de Hautes Ecoles suisses engagées pour l’entrepreneuriat et l’innovation. Journaliste, il fut notamment rédacteur en chef adjoint à la Radio suisse romande, puis rédacteur en chef de La Télé, avant de devenir journaliste indépendant. Il collabore notamment avec le journal Le Temps. En 2015, il publie « Le prochain Google sera suisse (à dix conditions) », aux éditions Slatkine.

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